Karuppu Swamy கருப்புசாமி (Marsi Kalpou)

Karuppu Swamy, le dieu justicier des villages tamouls

Le culte de Karuppu Swamy, connu sous le nom de Marsi Kalpou à l’île de La Réunion, illustre la vitalité des divinités populaires dravidiennes et leur capacité d’adaptation dans la diaspora tamoule. Divinité villageoise (Grâma-Devata) et gardien (Karval Deivam), Karuppu Swamy est vénéré pour sa puissance protectrice, son rôle de justicier et son attachement aux communautés rurales. Originaire du sud de l’Inde, il est considéré comme l’un des serviteurs du dieu Aiyyanar. Son culte, transmis par les migrants tamouls, s’est enraciné dans le contexte réunionnais, où il conserve ses traits essentiels tout en se transformant.

Origines et identité

Le terme « Kalpou » vient du tamoul Karuppan, signifiant « noir », couleur associée à l’obscurité et à la justice implacable.

Karuppu Swamy est décrit comme un guerrier féroce, monté sur un cheval blanc et armé de l’Arouval, sabre courbe qui symbolise sa puissance.

Il est reconnu pour protéger les pauvres, punir les criminels et maintenir l’ordre moral.

Mythologie et légendes

  1. La version liée à Râma et Sîta

Lors de l’exil de Sîta dans la forêt, elle donna naissance à Lavan et Koushan. Un saint, plongé dans la méditation, créa par erreur un enfant à partir d’une herbe sacrée (Dherbai). Lorsque les deux enfants furent soumis à l’épreuve du feu par Râma, seul le véritable héritier traversa indemne. L’enfant créé par le saint brûla, sa peau devint noire. Râma, comprenant la vérité, le bénit et en fit son dieu d’escorte, le nommant Karouppannan. Cette légende explique la couleur sombre de Karuppu Swamy et son rôle de gardien des temples de Vishnou.

  1. La version du guerrier villageois

Une autre tradition raconte que Karuppu Swamy serait né dans un village du Tamil Nadu à une époque de grande oppression. Ses parents étaient de modestes agriculteurs. Dès son enfance, il manifesta une force exceptionnelle et un sens aigu de la justice. Devenu adulte, il prit les armes pour défendre les faibles contre les tyrans et les forces maléfiques. Armé de son Arouval, il devint un héros populaire, vénéré après sa mort comme une divinité protectrice.

  1. La version des serviteurs d’Aiyyanar

Dans certaines traditions, Karuppu Swamy est présenté comme l’un des 21 serviteurs du dieu Aiyyanar, gardien suprême des villages. Il aurait été choisi pour protéger les frontières et empêcher les mauvais esprits d’entrer. Sa couleur noire symbolise la puissance de la nuit, capable de repousser les forces obscures.

Symbolisme

  • La couleur noire : justice implacable et absorption des forces négatives.
  • Le feu : épreuve de vérité et purification.
  • L’Arouval : vigilance et puissance.
  • Le cheval blanc : rapidité et noblesse du gardien.

Les Karuppans

Il existe de nombreuses formes locales de Karuppu Swamy, chacune ayant son identité propre : Sangili Karuppu, Kottaï Karuppu, Periya Karuppu, Chinna Karuppu, Sapani Karuppu, etc. Ces variantes témoignent de la diversité des cultes villageois et de leur enracinement dans les traditions locales.

Temples et pratiques en Inde

  • Les temples de Karuppu Swamy se trouvent en périphérie des villages, marquant la frontière entre l’espace sacré et le monde extérieur.
  • Contrairement aux grands temples hindous, ils ne possèdent pas de gopuram monumental.
  • Les prêtres sont souvent des non-Brahmins, issus de lignées locales.
  • Le temple le plus célèbre est celui d’Azhagar Kôyil près de Madurai, où Karuppu Swamy est vénéré comme Pathinettampadi Karuppu, gardien principal du sanctuaire.
  • Les jours de culte privilégiés sont le mardi, mercredi, vendredi et samedi.

Adaptations à La Réunion

Le culte de Karuppu Swamy, introduit par les migrants tamouls, s’est transformé dans le contexte réunionnais :

  • Les cérémonies appelées Service Marsi se déroulent de nuit, avec sacrifices de bouc ou de coq noir.
  • Les statues sont peintes en bleu et noir, couleurs symboliques de protection.
  • Les rituels peuvent avoir lieu dans des temples familiaux ou communautaires, parfois même chez des particuliers.
  • Les malarlis (devins) invoquent Marsi Kalpou pour protéger, punir ou détruire les maléfices, parfois aux croisées des routes.

Comparaison Inde – Réunion

  • En Inde : culte communautaire, temples périphériques, rôle de gardien des frontières, prêtres non-brahmaniques.
  • À La Réunion : culte domestique ou communautaire, rituels nocturnes, importance des devins, adaptation aux réalités locales.
  • Points communs : rôle de justicier, monture cheval blanc, arme Arouval, culte populaire et communautaire.

Karuppu Swamy, devenu Marsi Kalpou à La Réunion, incarne la continuité et l’adaptation des traditions tamoules dans la diaspora. Protecteur des pauvres, justicier implacable et gardien des communautés, il relie les villages du Tamil Nadu aux familles tamoules de l’océan Indien. Sa légende, qu’elle soit liée à Râma, à un guerrier villageois ou aux serviteurs d’Aiyyanar, fonde son rôle de divinité protectrice et justicière. Son culte, à la fois enraciné et transformé, témoigne de la force des divinités populaires dravidiennes et de leur rôle identitaire dans les sociétés locales.

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🕉️ Mantra en tamoul

ஓம் கருப்பு சாமி போற்றி

ஆதி கருப்பு சாமி போற்றி

அருள்வாக்கு தரும் கருப்பு சாமியே போற்றி

எல்லா துன்பங்களையும் நீக்கி காத்தருளும் கருப்பு சாமி போற்றி

Om Karuppu Saami Potri

Aadhi Karuppu Saami Potri

Arulvaakku Tharum Karuppu Saamiye Potri

Ella Dhunbangalaiyum Neeki Kaatharulhum Karuppu Sami Potri

Om, louange à Karuppu Swamy,

louange au Karuppu primordial,

louange à Celui qui donne la parole juste et la protection,

louange à Karuppu Swamy qui écarte toutes les souffrances et qui nous garde.

🕉️ கருப்பு சாமி காப்பார், அருள் புரிவார்

Karuppu Saami Kaappaar, Arul Purivaar

Karuppu Swamy protège, et accorde sa grâce.

COMORASSAMY Patrice ©

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87 réflexions sur “Karuppu Swamy கருப்புசாமி (Marsi Kalpou)

  1. Bonsoir qui aurai des informations sur le dieux marsy kalpenin svp j’ai chez moi une chapelle qui date des hindous déportés ici je possède un salon que j’ai jamais vu qui peu m’éclaire svp

    1. j’ai besoin d’informations sur marsy kalpenin j’ai un saclon trésor je voudrais savoir ou je peu avoir des info sur sa svp

  2. J ai vu le dieux Awami karupu marcy kalpou dans un rituelle dans une croisé chemin et en soulevant son saclon chez ma soeur a l heure minuit il est près de moi tout le temps mais il est très mauvais je sais pas pourquoi.je comporte ment est entrain de change je devien destructeur j ai peur de rien je suis déjà bataille avec la police je peut vraicre qui que se soir je me reconnais plus mon non ramsamy Jean René

  3. bonjour qui somme nous pour critiquer une religion ou une personne si on respect sa religion (quelque soit sa religion) et on n’a fois en dieu on ne jamais critiquer les autre mais plutôt essayer de les comprendre la connaissance est infini

  4. Il est normal que chacun puisse exprimer sa spiritualité car ce n’est qu’une question de FOI. On croit ou pas. On dénigre pas la religion des autres. Nous sommes tolérants. A ce jour nous avons accès à des écritures, prières, etc….nous devons en profiter pour combler ce vide (de savoir). Nos engagés indiens quand ils sont venus ici à La Réunion, ils sont venus pour travailler, trouver une vie meilleure et avec un peu de connaissance de pratique familiale concernant les « bondieux ».Donc si c’étaient des villageois de l’INde, de fortes chances que leur pratiques domestiques étaient Kali, Mardévirin, Mouni; à la base des bases…..les choses ont évolué. Ces personnes engagées ont quand même gardé la FOI, ce qui fait qua’à ce jour s’il y a des grands temples, des kôvils, des chapelles…;eh bien c’est grâce aux « gramounes » venus de l’Inde….Shanti-Shanti-Shanti.

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