Angalamman ஆங்காளமம்ன் (Ankalamma)

Angala Parameshwari Amman

Angalamma, Ankālamma, ou encore ஆங்காளம்மன் (Āṅkāḷamman) en tamoul, est une puissante divinité féminine issue de la tradition populaire de l’Inde du Sud. Son nom est associé à un ancien village sacré appelé Angala / Ankala, d’où provient l’appellation Angala Parameshwari.

Ankālamma est une divinité non-védique, relevant du culte des Grama Devata (divinités villageoises). Elle est considérée comme une forme extrêmement féroce et protectrice de la Déesse Mère, invoquée pour repousser les maladies, les malédictions, les esprits malveillants et les influences négatives. Son culte repose sur des rituels puissants destinés à l’apaiser et à obtenir sa protection.

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La légende d’Angalamma

Après l’histoire de Sati, incarnation primordiale de Shakti, qui renaît sous la forme de la déesse Parvati, le dieu Brahma entreprend un grand Yajna afin de protéger les dieux et les hommes de deux puissants démons nommés Sandobi et Sundaran.

Au cours de ce sacrifice, un asura nommé Thilothamaan prend vie. Sa beauté est telle que même les dieux et Brahma lui-même se trouvent fascinés et commencent à le suivre. Craignant les déséquilibres que cela pourrait engendrer, Parvati se rend au mont Kailash afin de faire pénitence auprès du Seigneur Shiva pour assurer la protection du cosmos.

À Kailash, Brahma est également présent sous sa forme particulière à cinq têtes. Par erreur, trompée par l’apparence, Parvati se prosterne devant Brahma en le confondant avec Shiva. Lorsqu’elle réalise sa méprise, elle est profondément troublée et implore Shiva afin que la cinquième tête de Brahma soit détruite.

Shiva prend alors la forme de Rudra et tranche la cinquième tête de Brahma.

La malédiction de Brahma et l’errance de Shiva

Brahma, en tant que créateur, maudit alors Shiva. Il attache sa cinquième tête coupée, appelée Kabala, à la main de Shiva. Cette malédiction condamne Shiva à errer sur terre, à souffrir d’une faim insatiable et à demeurer perpétuellement éveillé.

Ainsi, Shiva descend sur terre et erre dans les cimetières. Lorsqu’il tente de se nourrir, la moitié de sa nourriture est dévorée par Kabala. Il dort sur les cendres funéraires et adopte une apparence terrible, prenant la forme de Bhairava, le Seigneur des lieux de crémation et du temps destructeur.

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L’intervention de Vishnou et la naissance d’Angalamma

Voyant la souffrance de son époux, Parvati se rend auprès du Seigneur Vishnou pour demander une solution. Vishnou lui conseille de se rendre avec Shiva au cimetière de Thandakarunyam et d’y accomplir le rituel sacré appelé Agni Kula Theertham.

Parvati doit préparer une nourriture rituelle à base de Agathi Keerai (Sesbania grandiflora) et de sang de poulet, puis l’offrir à Kabala. Une fois rassasié, Kabala doit être dispersé dans le cimetière avant que Shiva ne soit purifié dans un étang sacré.

Parvati suit scrupuleusement ces instructions. Cependant, une fois nourri, Kabala tente à nouveau de s’attacher à la main de Shiva, sans succès. Il se fixe alors à la main de Parvati.

À cet instant, Parvati entre dans une danse cosmique furieuse, adoptant une forme redoutable appelée Angara Rūpam ou Aghora Rūpam. D’un coup de sa jambe droite, elle détruit Kabala.

Cette manifestation terrifiante de la Déesse est connue sous le nom de Angalamma.

Parvati demande alors à Angalamma de demeurer sur terre et d’accorder ses bénédictions à ceux qui l’adorent, avant de retourner à Kailash.

Shiva à Kashi et Annapoorani Devi

Bien que la malédiction de Brahma soit levée, Shiva continue de souffrir de la faim. Il se rend alors à Kashi (Bénarès), où Parvati s’incarne sous la forme de Annapoorani Devi, la déesse de la nourriture. Elle nourrit Shiva jusqu’à l’apaisement total de sa faim, restaurant ainsi l’équilibre cosmique.

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Croyances et culte d’Ankālamma

Les temples d’Ankālamma se trouvent principalement dans le Tamil Nadu, souvent situés à la périphérie des villages, sous de grands arbres ou près des cimetières, lieux symbolisant la frontière entre les mondes.

Elle est considérée comme l’une des formes les plus féroces de la Déesse Mère et est vénérée comme Kuladevi (divinité protectrice familiale). Son culte est étroitement lié à la guérison, à l’exorcisme et à la protection contre les forces invisibles.

Le temple Sri Angala Parameswari du district de Tiruvallur, près de Chennai, est l’un des plus célèbres et serait âgé de 500 à 1000 ans. Le temple d’Iluppur, dans le district de Pudukottai, est également réputé pour sa puissance spirituelle, attirant des pèlerins venus d’Inde et de l’étranger.

À Thandakarunyam, on croit qu’Angalamma guérit les maladies graves et chasse les mauvais esprits. Les rituels y sont accomplis principalement les nuits de nouvelle lune (Amavasya), souvent à minuit.

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Fêtes, rituels et représentations

La grande fête appelée Mayana Kollai est célébrée durant le mois tamoul Maasi (mi-février à mi-mars), lors de la nouvelle lune. Des sacrifices rituels de chèvres et de poulets sont alors offerts à la déesse.

À Malaiyanoor, Angalamma est honorée pendant dix jours, durant lesquels son idole est parée de différentes formes, suivie de grandes processions dans les rues.

Dans certains temples, Angalamma est représentée par une statue en terre couchée au sol, une iconographie mystérieuse qui symboliserait son lien avec le sol, les cimetières, la mort et la renaissance, rappelant son rôle de gardienne des seuils entre les mondes.

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Mantras dédiés à Angalamma

Mantra 1

Om Shri Angala Parameshwaryai Namaha

Mantra 2

Om Ankālamma Deviyei Namaha

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COMORASSAMY Patrice  ©

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